Proprioception : guide complet

Avr 15, 2022 | Conseils Proprioception

11 min de lecture

La proprioception, c’est la manière dont on perçoit notre position corporelle au sein de notre environnement. Considéré comme un sixième sens, la proprioception favorise la récupération d’informations au sein même du corps (appelé schéma corporel) dans le but d’offrir une réponse adaptée à un comportement extérieur, une action spécifique face à un évènement particulier. Par exemple, la proprioception permet de savoir, même les yeux fermés, où on est, ce que l’on fait, notre position dans l’espace…

Très utile dans la majorité des sports et activités physiques, la proprioception est souvent travaillée dans un but d’amélioration des performances sportives des athlètes. Dans ce sens, grâce à ce travail, l’équilibre, l’adresse ou encore la réduction du risque de blessures sont optimisés. Ce sixième sens est aussi de plus en plus sollicité pour solutionner et réduire la peur de la chute des personnes âgées.

Qu’est-ce que la proprioception ?

De manière globale, la proprioception est un sixième sens qui définit la représentation et la perception dans l’environnement extérieur de la totalité du corps.

Plus explicitement, la proprioception c’est l’action de communiquer au cerveau des informations sur les éléments extérieurs via des capteurs sensoriels (situés dans les muscles, tendons, ligaments) dans le but de créer une réaction adaptée. En cas de dysfonctionnement ou perturbations de la proprioception, il y aura rapidement des conséquences sur le système postural et la localisation sensoriel spatiale. Et oui, le corps humain est bien fait, les oreilles permettent de nous situer dans l’espace. 

 

Une mécanique complexe

D’une manière, les récepteurs sensoriels proprioceptifs, positionnés dans les muscles du corps humain, peuvent s’organiser face à une activité physique qui stimule les articulations (sauter, ramper, rouler, tomber, courir, marcher), la force soutenue (soulever et porter un objet lourd), la force dynamique (pousser ou tirer quelque chose, faire des pompes), la pression profonde sur les muscles (objet lourd, massage). C’est la réaction du cerveau face à ces stimuli qui définit comment les muscles doivent réagir en fonction de l’objectif désiré : soit se contracter, soit se détendre.

Troubles de la proprioception

Lorsque le sens proprioceptif dysfonctionne, il y a ce que l’on appelle la dysproprioception, qui elle-même regroupe l’ensemble des troubles majeurs de la proprioception. Un dysfonctionnement de ce sixième sens peut impliquer de grandes conséquences, voir des handicaps qui peuvent freiner la vie quotidienne.

Parmi ces troubles proprioceptifs, on retrouve :

  • les troubles posturaux

Ces troubles s’expriment par une asymétrie du tonus musculaire. De ce fait, la posture se voit de plus en plus dégradée, souvent chez l’enfant qui aura tendance à se tenir de travers en pensant, via son sens proprioceptif, qu’il se tient bien. Sur le long terme, les troubles engendrent des tensions musculaires qui sont douloureuses ainsi qu’une attitude de posture scoliotique.

  • les troubles de la localisation spatiale

Ces troubles sont responsables des maladresses, des chutes inopinées, du mal des transports, ou encore de la peur du vertige. Ce dysfonctionnement proprioceptif est bien souvent responsable d’accidents du quotidien qui malheureusement peuvent avoir des conséquences plus ou moins graves sur la santé.

  • les anomalies perceptives

Organisé de manière synchrone, l’ouïe, la vue, le système vestibulaire de l’oreille interne et la proprioception communiquent au cerveau les données de l’environnement qui nous entoure de manière à ce qu’il puisse répondre avec cohérence.

Les personnes qui souffrent de dysfonctionnement proprioceptif sont en vigilance permanente pour vérifier les informations et limiter les risques de blessures (situer le danger, maîtrise des objets dangereux, éviter de se se cogner ou bien de tomber). C’est dans un état de stress constant que le cerveau tente de résoudre le conflit sensoriel qu’engendre le trouble de proprioceptif.

Par ailleurs, notre société a tendance à nous assaillir d’informations sensorielles en permanence (pollution visuelle et sonore). De ce fait, le cerveau ne peut pas traiter tout ce qu’il reçoit en même temps, il lui faut comprendre l’information une par une et en fonction de l’utilité des buts et expériences personnels de chacun. Dans l’optique où il y a un dysfonctionnement de ce sixième sens qu’est la proprioception, le cerveau a des difficultés à situer le monde extérieur et les réactions sensorielles qu’il va pouvoir apporter face aux différents stimuli. Il y a également un grand risque pour qu’il élimine des informations ressenties plus utiles que d’autres.

Les scientifiques remarquent de plus en plus le lien entre la proprioception et les enfants dyslexiques. Ces derniers possèdent souvent une asymétrie du tonus postural en étroit lien avec les troubles proprioceptifs au niveau de la vue mais aussi au niveau du capteur podal.

Par exemple, pour lire correctement, il faut être capable de fixer les lettres qui composent un mot avec ses deux yeux pour déchiffrer sa définition. Sans ce comportement, le cerveau ne peut pas analyser la spécialité des lettres, ce qui mène à un résultat faussé de la lecture.

 

Comment travailler sa proprioception ?

Dans une optique de traitement, la rééducation proprioceptive est un travail de longue haleine qui va permettre de solutionner les troubles proprioceptifs. Le terme des résultats de la rééducation est dépendant des caractéristiques du dysfonctionnement propriocptif (s’il est faible/important ou bien nouveau/ancien).

En fonction des troubles exprimés par la dysproprioception, le traitement proprioceptif peut être lié avec d’autres types de rééducations telles que l’orthophonie, l’ergothérapie, la psychothérapie, etc).

Dans une optique de prévention, la proprioception permet de réduire le risque de blessure en adaptant la réaction et la résistance face aux chocs extérieurs. En favorisant le bien-être du schéma corporel, la propriocpetion devient nécessaire à l’adaptation des réactions naturelles en situation de risques et de danger.

Existe-t-il du matériel de proprioception ?

Parmi les matériels de proprioception, on retrouve plusieurs types d’objets qui permettent de travailler certaines zones du corps, voire l’ensemble du schéma corporel.

Parmi ces outils proprioceptifs, on retrouve les planches d’équilibres avec notamment le célèbre bosu et la planche d’équilibre. Ces objets sont souvent utilisés dans les cabinets de kinésithérapie car ils permettent de renforcer le travail des muscles via l’équilibre qu’ils favorisent. De manière globale, c’est ce travail de proprioception qui va renforcer et reconstruire les muscles endommagés dans le cadre d’une rééducation proprioceptive.

Proprioception : quels sont les meilleurs exercices d’équilibre ?

Sans aucun doute, les meilleurs exercices d’équilibres sont ceux qui vous font vraiment travailler votre équilibre ! Si vous sentez qu’un exercice vous fait travailler de manière profonde, c’est qu’il favorise complètement votre sens de l’équilibre, continuez !

Exercices proprioceptifs sans matériel

Sans matériel, vous pouvez travailler votre propriopception de manière naturelle.

  • Les yeux fermés

En étant chez vous, ou dans un endroit familier, exercez-vous à effectuer des exercices proprioceptifs sans utiliser votre vue, les yeux fermés. En fermant vos yeux, vous vous placez votre corps dans une situation de danger puisqu’il ne pas prendre en compte les éléments extérieurs de manière visuelle. De ce fait, vous allez pouvoir librement vous exercer au travail de la proprioception.

En position debout, placez-vous sur un coussin et mettez-vous sur la pointe des pieds en alternant les deux positions. Vous pouvez aussi ajouter de la difficulté en bougeant vos bras de manière latérale. Avec les yeux fermés, le travail proprioceptif est complet puisque le cerveau tente de situer spatialement le corps malgré l’absence d’un des sens majeurs, la vue.

  • Courir sur terrain accidenté

Si vous êtes un bon courreur, vous pouvez aisément passer au niveau au-dessus en pratiquant la course sur terrain accidenté. Dans cette optique, vous allez habituer votre corps à courir en situation de danger. Rien de plus efficace quand on souhaite réduire le risque de blessures telles que la torsion de chevilles, écorchure au genou, etc. En sautant des racines, en esquivant des branches ou dévalant des rochers, votre corps va pouvoir apprendre à s’habituer aux risques d’une potentielle chute.

Exercices proprioceptifs avec des outils efficaces

  • Planches d’équilibre

Pour un travail de la proprioception plus complémentaire, les planches d’équilibre sont de très bons exercices proprioceptifs pour apprendre à gérer sa position dans l’espace. En effectuant des petits pas ou tout simplement des flexions de genou en étant debout, la proprioception est travaillée de manirère efficace.

  • Slackline

Grandement utilisé par les équilibristes, la slackline est un outil qui favorise la gestion de l’équilibre. Dans ce style de sport, l’escalade peut être aussi un très bon sport d’équilibre. Agréable en plein air et par beau temps, la pratique de la slackline permettra d’allier loisir et sport.

  • Sports de glisse

La pratique de sports de glisse tels que le surf, le ski ou encore le skate sont de bons exercices pour travailler votre proprioception en plus du reste de votre corps. Dans ces sports, ce qui est intéressant pour la proprioception, c’est qu’ils sont dépendants des éléments extérieures. De ce fait, le sportif est forcément en lien avec le vent par exemple, la force du courant, la qualité de la neige ou encore les possibles dangers tels qu’un caillou, une branche, etc.

  • Tabouret dynamique

L’usage d’un tabouret proprioceptif peut vous aider à développer votre proprioception en étant en position assise. Ainsi vous pouvez travailler votre équilibre tout en exécutant des tâches quotidiennes comme le travail par exemple. C’est une excellente alternative pour ceux qui ont un emploi du temps de chargé et qui ont du mal à trouver du temps pour prendre soin de leur dos. En cumulant travail et travail de la proprioception, l’utilisateur d’un tabouret comme l’ActiveBase trouvera son compte à la fin de la journée.

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